🇨🇦 Voyage : Montréal 26 →

Montréal, fin août.

Je sors de la station Place-des-Arts, j'ouvre Plans, je lance un itinéraire piéton en réalité augmentée. Les flèches apparaissent au coin de la rue.

Je fais dix mètres.

Les flèches changent d'avis et pointent dans une autre direction. Le point bleu, lui, vient de décider que je suis quelque part en France.

Premier réflexe : le réseau est pourri. Sauf que non. La 4G et la 5G se captent partout, dans la rue, dans le métro, en pleine nature au Mont Saint-Bruno. Telus et Rogers font très bien leur travail.

Deuxième réflexe : c'est mon forfait. Un peu, mais pas comme je le pensais.

Mon téléphone était bien à Montréal. Sa sortie Internet, elle, était à 5 500 kilomètres de là.

Vos paquets rentrent à la maison

En itinérance, la partie radio est parfaitement locale. C'est la suite qui coince.

Votre session de données n'est pas ouverte sur place. Le réseau visité l'encapsule dans un tunnel et la transporte jusqu'au cœur de réseau de votre opérateur d'origine, qui fournit ensuite votre accès à Internet. C'est le home routing.

code
        HOME ROUTING                    LOCAL BREAKOUT
        (mon cas)                       (ce qu'on voudrait)

        Téléphone                       Téléphone
            |                               |
            v                               v
     Antenne canadienne              Antenne canadienne
            |                               |
            v                               v
      Réseau canadien                 Réseau canadien
            |                               |
            | tunnel vers                   v
            | la France                  Internet
            v                               |
   +------------------+                     v
   | Passerelle       |                 Serveur
   | operateur FR     |
   | IP publique FR   |
   +------------------+
            |
            v
        Internet
            |
            v
         Serveur

Le serveur de destination peut être n'importe où. S'il est à Montréal, mes paquets faisaient Montréal, France, Montréal. Dans tous les cas, ils commençaient par traverser l'Atlantique.

Montréal-Paris, c'est déjà 80 à 100 ms d'aller-retour en fibre. Ce détour impose donc un plancher avant que le moindre octet utile ne circule. Le reste dépend du radio, de la charge, du chemin exact, du serveur testé.

Ce que j'ai mesuré : environ 250 ms, de façon stable, pendant dix jours.

Ce n'est pas une panne. Ce n'est pas de la congestion. C'est de la géométrie.

Et précisons tout de suite, parce que la confusion mène à de mauvaises décisions : ce tunnel n'est pas un VPN. Vous ne l'avez pas installé, vous ne pouvez pas l'éteindre. C'est un composant de l'architecture opérateur.

La preuve par le VPN, le vrai

J'ai eu la confirmation par accident. À un moment, j'ai activé mon client WireGuard vers mon serveur au homelab, à Béziers. Logiquement ça aurait dû me coûter cher.

Résultat : quasiment aucune latence supplémentaire.

Évidemment. Mes paquets remontaient déjà en France. Le tunnel allait dans le sens du trafic.

Son symétrique est tout aussi parlant. Un VPN vers un serveur canadien, lui, irait à contresens et doublerait la note. C'est pourtant le réflexe de beaucoup de gens, parce qu'on confond « paraître ailleurs » et « raccourcir le chemin ».

Un VPN change votre adresse de sortie. Il n'a jamais raccourci un câble sous-marin.

De la comptabilité, pas du complot

La tentation est grande d'y voir une volonté de tout contrôler. La réalité est plus prosaïque.

En home routing, votre opérateur mesure lui-même votre consommation, en direct, sans rien demander à personne. En Local Breakout, cette mesure naît chez l'opérateur visité et doit ensuite lui être transmise.

Vous voyez immédiatement où est la friction.

Des chercheurs de NYU Abu Dhabi, Nokia Bell Labs et Telefónica Research ont disséqué l'écosystème des eSIM de voyage sur 24 pays. Dans leur échantillon, ils n'ont détecté aucun breakout local. Leur explication : un manque de confiance entre opérateurs concernant les enregistrements et la facturation des roamers.

Traduction : les opérateurs ne se font pas confiance sur les chiffres. Une partie de mes 250 ms est le prix d'une défiance comptable entre entreprises télécoms.

Le home routing n'est d'ailleurs pas la seule architecture possible. Le Local Breakout existe, il est spécifié, il fonctionne. Il est simplement resté minoritaire. C'est une domination commerciale, pas un monopole technique.

L'Europe avait vu le problème

Et c'est là que l'histoire devient savoureuse.

L'Union européenne n'a pas imposé le breakout local à tous les abonnés. Ce qu'elle a fait, c'est organiser la vente séparée des services d'itinérance : à partir du 1er juillet 2014, tout client pouvait s'adresser à un fournisseur d'itinérance alternatif, et le texte retenait explicitement, parmi les modalités possibles, l'accès à des services de données fournis localement sur le réseau visité.

Le régulateur avait vu le problème et avait créé le cadre juridique permettant à une alternative d'exister.

Puis, le 15 juin 2017, le Roam Like At Home a supprimé les surcoûts d'itinérance dans l'Union. Excellente nouvelle pour nos factures. Mais du même coup, l'intérêt commercial d'aller chercher un fournisseur alternatif s'est effondré.

Pourquoi acheter une solution compliquée pour obtenir ce que votre opérateur vous fournit déjà au tarif domestique ?

Le cadre a été écrit, puis vidé de son attractivité. À l'intérieur des frontières.

Dehors, vous n'avez ni l'un ni l'autre. Ni tarification domestique, ni sortie locale. À Montréal, j'étais debout dans le trou entre les deux.

Ce que ça casse

Le ping est la conséquence la plus facile à mesurer. Ce n'est pas la plus pénible.

Le DNS et les CDN. Mes résolveurs étaient français et mon IP publique aussi. Or les réseaux de diffusion de contenu choisissent quel serveur vous répond en croisant plusieurs signaux : adresse IP, résolveur, topologie, politiques de peering. Un résolveur français n'implique donc pas mécaniquement un point de présence européen. Mais dans mon cas tous les signaux pointaient au même endroit, et le scroll dans les applications à images était pénible bien au-delà de ce que le débit laissait attendre.

Un test, dix secondes. Ouvrez cloudflare.com/cdn-cgi/trace et regardez le champ colo : il indique le point de présence Cloudflare qui a traité la requête, identifié par le code à trois lettres de l'aéroport associé au datacenter. À Montréal, on attendrait YUL. Je lisais CDG.

Attention à ce que ça prouve : que cette requête-là a été traitée par ce point de présence. C'est un indice fort, pas une preuve que tout votre trafic passe par Paris.

Deux vérités dans la même poche

Votre téléphone sait où il est de quatre façons différentes, et elles peuvent se contredire.

Le GPS donne la position physique, précise mais inutilisable sous terre ou en intérieur. Le Wi-Fi donne une position estimée à partir des réseaux alentour, très efficace en ville. Les cellules donnent une approximation à l'échelle du quartier. Et l'adresse IP donne une localisation administrative qui, en itinérance, vous place chez votre opérateur.

Tant que le GPS tenait, tout allait bien. Dès qu'il décrochait, au fond du métro ou dans le canyon urbain du centre-ville, les couches de repli prenaient la main.

Et la dernière d'entre elles disait France.

Mon point bleu a peut-être un deuxième problème

Ici je dois séparer ce que j'ai mesuré de ce que je soupçonne.

En 2024, lors de mon premier séjour, je n'avais pas le souvenir d'avoir autant galéré. J'ai voulu vérifier, j'ai cherché mes anciennes mesures Speedtest.

Il n'y en a aucune.

Je n'ai donc aucune donnée qui me permette de comparer 2024 et 2026. J'ai un souvenir.

Et entre les deux voyages, j'ai changé de téléphone, d'un iPhone 15 Pro à un 17 Pro Max. La génération 17 inaugure la puce N1 d'Apple pour la connectivité sans fil, et Apple a corrigé dans iOS 26.0.1 des déconnexions Wi-Fi et Bluetooth touchant ces modèles.

Mais je ne peux pas écrire que la N1 est responsable de mes points bleus fantaisistes. Un iPhone se localise en combinant GPS, Wi-Fi, cellules et balises, et Apple présente la N1 comme une puce réseau, pas comme un module de positionnement.

Mon hypothèse est simplement qu'il y a deux problèmes indépendants qui se superposent. Le home routing explique très bien mes 250 ms. Un souci de positionnement pourrait expliquer le reste.

Je préfère écrire ça plutôt que de transformer une coïncidence en certitude.

Ce que je sais, et ce que je suppose

Mesuré : mon téléphone était attaché à une antenne canadienne, mon IP publique était française, ma latence tournait autour de 250 ms, mes requêtes Cloudflare sortaient sur CDG.

Très probable : mon accès était home-routé vers la France, et ce détour explique l'essentiel de la latence.

Possible mais non démontré : le DNS et le choix de points de présence ont aggravé la lenteur ressentie ; le changement de téléphone a dégradé ma localisation ; la N1 y est pour quelque chose.

Le paradoxe : ce tunnel vous protège

Après dix jours à maudire ces 250 ms, j'ai découvert un détail ironique.

Le cadre européen prévoit un plafond financier par défaut, de l'ordre de 50 euros hors taxes par mois de facturation, avec alerte à l'approche du seuil. Il s'applique aussi hors de l'Union.

Et il ne fonctionne que parce que votre opérateur mesure votre consommation en direct. Ce qui n'est possible que parce que tout remonte chez lui.

Le truc qui vous fait traverser l'Atlantique pour regarder une vidéo est exactement celui qui vous évite de rentrer avec une facture à quatre chiffres.

Deux précisions. Le plafond est mensuel : un séjour à cheval sur deux cycles, ça fait deux plafonds. Et la garantie n'est pas absolue. Quand l'opérateur du réseau visité ne permet pas le suivi en temps réel, ces exigences ne s'appliquent pas de la même manière et vous devez alors être informé que la protection n'est pas disponible.

Retenez cette dernière phrase. Elle mène directement à la suite.

Le vrai angle mort est en mer et dans les airs

Il existe un endroit où on quitte vraiment la France.

Quand votre téléphone perd le réseau terrestre, en mer ou en vol, il bascule tout seul sur une cellule embarquée reliée par satellite. Et là, vous ne parlez plus du tout du même type d'itinérance.

La Verbraucherzentrale allemande relève jusqu'à 30 euros le mégaoctet selon l'accord conclu entre votre opérateur et l'opérateur satellite du navire, sachant qu'un mégaoctet suffit à peine à ouvrir cinq pages web. Les appels y sont facturés entre 3 et 7 euros la minute.

À ce tarif, 100 Mo représenteraient théoriquement 3 000 euros. Précision indispensable : ça ne veut pas dire qu'un opérateur vous laissera consommer ces 100 Mo sans réagir. C'est un ordre de grandeur pour faire comprendre la pente, pas une prédiction de facture.

Ce qui est établi, c'est que la protection y devient conditionnelle. L'Institut national de la consommation l'écrit noir sur blanc : l'opérateur du réseau visité peut ne pas vous permettre de suivre votre consommation en temps réel et de la bloquer, et dans ce cas vous devez seulement en être informé. L'INC enchaîne d'ailleurs immédiatement sur l'avion et la croisière.

Le roaming européen n'est pas une baguette magique qui transforme un satellite en réseau mobile français.

Le tuyau qui existe et qui ne sert pas à vous

Et pendant qu'on y est, il y a un détail qui mérite d'être connu.

La mécanique de facturation de l'itinérance repose sur des échanges d'enregistrements entre opérateurs. Historiquement, ça prenait jusqu'à 36 heures. La GSMA a donc spécifié le NRTRDE, qui ramène ce délai à quatre heures ou moins, avec une adoption recommandée au 1er octobre 2008.

Ce n'est pas une option discrète. Une décision de la Commission européenne en matière de concentration relève que le NRTRDE est le seul flux dont la GSMA impose l'usage à ses membres, et en rappelle l'objet déclaré : l'échange d'enregistrements en quasi temps réel entre réseau visité et réseau d'origine pour gérer le risque de fraude.

Le tuyau à quatre heures existe. Il est obligatoire. Il sert à protéger les opérateurs contre la fraude.

Il ne sert pas à vous prévenir que votre facture s'emballe.

Je ne crois pas à la malveillance. Je crois à l'asymétrie d'effort : la protection en temps réel a été bâtie là où elle était gratuite, chez soi et sous contrainte légale, et pas là où il aurait fallu tordre le bras d'un partenaire.

C'est beaucoup plus difficile à leur faire nier.

Les eSIM miracles

Ou comment vendre une architecture sous forme de QR code

Vous avez tous vu les vidéos. Une eSIM, un QR code, trente secondes, et vous voilà connecté.

J'ai testé. J'ai pris Saily, parce que c'est le premier nom qui m'est venu en tête, ce qui est une assez bonne démonstration de l'efficacité du marketing. Un petit forfait 5 Go.

J'ai retrouvé un comportement très proche de celui de mon forfait RED. Même ordre de latence, même géolocalisation étrange.

Une eSIM n'est qu'un profil d'abonnement. Elle ne garantit absolument pas que votre trafic sorte localement.

Le mot « eSIM » ne vous dit rien sur l'endroit où sort votre trafic.

Dans l'échantillon analysé par les chercheurs, sur 24 eSIM achetées dans 24 pays, 21 reposaient sur des profils en itinérance et 3 seulement étaient des profils natifs d'opérateurs locaux. L'impact mesuré par rapport à une vraie SIM locale : la latence gonfle de 621 % en home routing et de 64 % dans le mode intermédiaire. Les profils natifs, eux, ne montrent aucune dégradation significative.

Autre enseignement : ces 21 eSIM ne reposaient que sur six opérateurs de base, avec une poignée de points de sortie. Amsterdam, Lille, Londres, Dallas. Des dizaines de marques, quelques cœurs de réseau.

Vous pouvez donc avoir l'impression de choisir entre dix opérateurs alors que plusieurs utilisent les mêmes briques.

Dernier point pour votre lecture des vidéos sponsorisées : les chercheurs ne trouvent aucune corrélation entre l'architecture de routage et le débit. 112 Mbps en Espagne contre 22,7 Mbps en Allemagne avec le même opérateur de base. La leçon n'est donc pas que toute promesse de débit est un mensonge. C'est qu'une promesse de débit ne permet de déduire strictement rien de l'architecture réseau.

Faut-il jeter les eSIM ? Non.

Pour une escale de quelques heures, un pays où votre opérateur n'a aucune offre, un dépannage à l'atterrissage ou un usage principalement textuel, c'est l'une des solutions les plus simples qui existent.

Le problème commence quand on vous la vend comme une connexion locale alors que c'est un moyen très pratique d'acheter du roaming.

Ce n'est pas mauvais. Ce n'est simplement pas la même chose.

La vraie solution est bête comme chou

Prenez une ligne locale.

Pas une eSIM de voyage vendue depuis l'Europe. Un profil émis par un opérateur du pays où vous êtes.

Votre IP redevient cohérente avec votre position. Les services vous voient comme un utilisateur du pays. Et votre ping vers un serveur situé à quelques kilomètres redevient celui d'une connexion qui ne fait pas l'aller-retour transatlantique.

Ça s'achète sur le site de l'opérateur, dans son application, en boutique. À Montréal, j'ai aussi croisé des bornes automatiques permettant d'en acheter une sur place. Ce n'est pas une particularité universelle de la ville, mais quand ça existe, c'est imbattable.

Tarifs, à vérifier avant de partir. En août 2026, des offres locales comme Fizz ou Public Mobile permettaient d'obtenir plusieurs dizaines de gigaoctets pour quelques dizaines de dollars canadiens. Ces offres évoluent vite. Vérifiez au départ plutôt que de me croire six mois plus tard.

Et si vous voulez garder votre numéro français : double SIM. Ligne française pour les appels et les SMS, données sur la ligne locale. Votre numéro reste joignable, votre Internet devient réellement local.

C'est moins sexy qu'un code promo dans une vidéo. C'est juste beaucoup mieux.

Mon cas RED by SFR

Pour mon propre usage, je reste sur une solution encore plus simple. Je garde mon forfait RED de base et j'active l'option Amérique du Nord uniquement pendant le voyage. Je la coupe en rentrant.

Pour dix jours, c'est nettement plus raisonnable que de basculer toute l'année sur un forfait dit « voyage ».

Mais il faut savoir ce que j'achète.

J'achète du volume, pas de l'architecture.

Je paie le droit d'utiliser davantage de données au Canada. Mon IP est restée française. Le tunnel reste le tunnel, et les 250 ms restent les 250 ms.

Et changer d'opérateur français n'y changerait rien. Le home routing est l'architecture dominante chez tous. Un forfait avec plus de données à l'étranger résout un problème de quota. Il ne résout pas un problème de géométrie.

Vérifiez votre propre connexion

Pas besoin d'être ingénieur réseau. Aucun de ces tests ne prouve quoi que ce soit isolément, c'est leur convergence qui fait le diagnostic.

1. Votre IP publique et son ASN. Si elle appartient à votre opérateur français alors que vous êtes à l'étranger, gros indice.

2. Un traceroute. C'est celui qui montre le voyage réel des paquets. Si les premiers sauts partent vers l'Europe avant de revenir, vous avez trouvé votre détour.

3. Ping local contre ping parisien. Si le serveur parisien répond systématiquement plus vite que celui de votre propre ville, l'hypothèse devient très crédible. Combinez avec les deux précédents : une route locale peut être mauvaise, un serveur peut être chargé.

4. Le champ colo sur cloudflare.com/cdn-cgi/trace.

5. Vos résolveurs DNS. Un résolveur français depuis le Canada est une pièce de plus au dossier.

Et si votre problème est la localisation plutôt que la latence, lancez trois fois le même itinéraire au même carrefour : sur le Wi-Fi d'un café, en données avec le Wi-Fi allumé mais non connecté, puis en données Wi-Fi coupé. Si ça ne s'écroule qu'au troisième essai, c'est le positionnement Wi-Fi, pas le réseau.

Rappel utile : sur iOS, le positionnement Wi-Fi a besoin que le Wi-Fi soit allumé, même sans réseau connecté. Si vous le coupez en arrivant pour économiser la batterie, vous vous tirez une balle dans le pied.

Alors, problème ou pas ?

Je ne dirais pas que le home routing est une mauvaise architecture. Elle répond à de vrais problèmes : gestion des abonnés, facturation, politiques réseau, maîtrise de la consommation. Elle vous protège même d'une facture à 3 000 euros.

Le problème, c'est qu'une architecture parfaitement logique pour un monde où les données mobiles servaient à consulter quelques pages devient nettement moins séduisante quand elle transporte de la vidéo, du jeu en ligne et de la réalité augmentée.

Nos usages ont changé. Le réseau, lui, n'a pas suivi.

Et j'ai commencé cette enquête convaincu que mon opérateur s'était dégradé en deux ans. Je la termine en constatant que l'architecture n'a pas bougé d'un pouce, et que j'ai changé de téléphone entre-temps. Ce n'est pas la conclusion que j'espérais. C'est celle que j'ai.

Reste la leçon, et elle tient en une phrase.

Une connexion mobile n'est pas locale parce que votre téléphone est local.

Votre téléphone peut être à Montréal. Son antenne peut être à Montréal. Son GPS peut être à Montréal.

Et son Internet peut très bien être en France.

Je pensais avoir un problème de réseau. En réalité, j'avais un problème de géographie.

Et mon téléphone avait décidé que la meilleure façon de résoudre Montréal était de rentrer à Béziers.

Sources

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